Mon enfant à moi, un criminel!

Écrit par Hélène Cornellier le Dimanche 22 novembre 2009

Par Denise Thibeault

Comme toutes les mères, nous connaissons un grand sentiment de fierté lorsque notre enfant est aimé et félicité. Lorsqu’il est honoré, notre bonheur de mère est sans mesure. Le malheur, c’est que la force de ces sentiments est tout aussi démesurée lorsqu’il est pris en faute.

Que vivent les mères dont l’enfant commet un crime grave? Il y a quelques semaines, la télévision nous montrait la maman du psychiatre de l’armée américaine qui a tué plusieurs soldats aux États-Unis. Elle demandait pardon aux familles des décédés. Son fils approchant de la cinquantaine, elle aurait pu ne pas se sentir concernée. Pourquoi ressentait-elle le besoin de demander pardon? Partage-t-elle sa culpabilité? Se reproche-t-elle de ne pas avoir vu venir cette détresse qui a poussé son fils à agir ainsi? De ne pas l’avoir suffisamment supporté? Probablement.

Plus près de nous durant l’année qui s’achève, comment se porte la mère dont le fils s’est suicidé en emportant avec lui ses petits enfants. Et la mère qui voit sa fille incarcérée pour avoir aidé son conjoint à se suicider et à assassiner ses enfants. Comment supportent-elles ces épreuves?

Lorsque nous connaissons des parents qui vivent des situations semblables, nous sommes souvent en mesure de reconnaître les signes du malheur qui les habitent. Ils ont souvent tendance à s’isoler comme s’ils étaient eux-mêmes coupables. Leur venons-nous en aide? Trouvent-ils, auprès de nous, toute la compassion qu’ils méritent. J’en doute. Pourtant ils garderont durant toute leur vie l’immense blessure de voir leur enfant critiqué, souvent détesté et condamné.

Je m’adresse à vous qui vivez de tels drames et qui accepteriez de partager avec nous. Dites-nous ce que nous pourrions faire. Apprenez-nous à vous aider.

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