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La question de la traite des femmes durant la F1 : 3 ans pour commencer à penser à agir

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Cet évènement sportif qu’est le Grand Prix de Formule 1 de Montréal est malheureusement connu comme étant un des plus dangereux pour les filles et les femmes.

 

Les entreprises engagent de jeunes filles pour faire la promotion d’une multitude de produits. On accueille les invités des soirées chics avec des jeunes femmes toutes pareilles. On leur demande de sourire bêtement à côté des voitures…

 

On laisse miroiter un travail « facile », très très payant et une clientèle « haut de gamme », des « hommes d’affaires ». Les offres d’emplois qu’on trouve facilement sur le web nous semblent déjà suspectes, mais malheureusement, plusieurs jeunes femmes se font prendre. Elles se retrouvent alors dans des situations où elles n’auraient pas voulu être. On les dupe. On les trompe.

 

Selon l’ONU, le recrutement d’une personne, notamment par la duperie, qui mène à des rapports sexuels rémunérés, peut être considéré comme une forme de traite à des fins d’exploitation sexuelle.

 

Repousser le problème

En mai dernier, le maire de Montréal Denis Coderre a confié au Conseil des Montréalaises la tâche d’évaluer l’existence et l’ampleur de la traite de femmes et des filles pendant le Grand Prix du Canada. Le conseil a trois ans pour étudier la question.

 

Trois ans avant de commencer à penser à prendre des actions concrètes pour enrayer le phénomène, pour protéger les filles et les femmes.

 

L’image de la femme objet

Ce genre d’évènement, et les marques qui y sont liées, font leur mise en marché en exploitant l’image de la femme-objet. Il semblerait qu’une femme en bikini et un « char de course », c’est sexy, et ça fait vendre. Ces femmes, dont on exploite l’apparence et dont on exige du gros sex appeal commercial, sont victimes de harcèlement au travail, mais « ça fait partie de la game », que disent les patrons. Des hommes, évidemment.

 

L’hypersexualisation ambiante ramène les femmes et les filles à une condition d’objet plutôt que de sujet. Dans les médias, dans la publicité et sur les lieux de l’évènement, les femmes ne sont jugées que sur leur apparence, que sur la séduction et la sexualité qu’elles dégagent.

 

Kim Lévesque Lizotte, humoriste québécoise bien connue, a raconté son expérience au Grand Prix de Montréal à l’émission Gravel le matin.  « Hier encore j’avais 20 ans, je caressais le temps, je rushais pour payer mon loyer, et au travail, on est arrivé avec un uniforme bleu, en spandex, décolleté jusqu’au nombril, avec des talons de 6 pouces, parce que ça a l’air qu’il fallait que je sois belle, grande, et tout en courbe pour servir de la Corona […]. On me sifflait, on me matait, on me criait après si ce n’était pas assez rapide, on me frôlait le popotin après avoir bu trop de vin, et on me tirait des 50 piasses dans la face pour que j’arrête de travailler, que j’aille les rejoindre à l’hôtel ».

 

Un récit qu’on a déjà entendu, et qu’on continuera d’entendre pendant au moins trois ans.

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