Le public ou le privé pour la santé ?
Écrit par Hélène Cornellier le Jeudi 15 novembre 2007
Par Mariette Gilbert
En santé, à chaque fois que j’entends parler de partenariat public-privé, de ticket modérateur, d’assurances privées pour couvrir les frais de certains actes médicaux, je ne peux m’empêcher de frissonner de crainte. Un de mes souvenirs d’enfance et d’adolescence les plus marquant c’est que mes parents devaient presque tout le temps de l’argent au médecin et à l’hôpital. Pourtant, nous étions une famille chanceuse : des 12 personnes, aucune n’avait un handicap ou une maladie chronique ! J’ai conservé de cette époque d’avant la RAMQ, une hantise de la pauvreté générée par la maladie.
En tant que femmes, nous sommes concernées au premier chef par l’évolution du système de santé. Les femmes constituent les deux-tiers de la main-d’œuvre de ce secteur, elles prennent majoritairement soin de leurs proches et elles en sont les principales utilisatrices à cause de la santé reproductive et de la longévité.
Il ne s’agit pas de jouer à l’autruche. Plusieurs problèmes du système de santé sont reconnus (lourde bureaucratie, vétusté de certains édifices, vieillissement de la population, …) d’autres sont moins évidents pour le commun des mortels quand il s’agit de la gestion de ce mastodonte tel la pénurie de spécialistes en santé dont une des causes est leur départ vers les Etats-Unis, le coût de la construction des hôpitaux universitaires à Montréal (coût estimé à 1,6 milliard), les frais élevés de l’utilisation d’infirmières d’agences privées dans les hôpitaux.
De toute évidence, il faut une approche globale du système de santé et l’implication de tous les « acteurs ». Cependant, nul doute que l’organisation du travail mériterait plus d’attention et de créativité. De même, il serait certainement très efficace d’entretenir la collaboration et la fierté des employés (ce sont eux qui sont sur la ligne de front quotidiennement) ; de favoriser le développement de programme de promotion de la santé dans les entreprises ce qui diminue le taux d’absentéisme au travail et réduit aussi la pression sur le système public de santé ; de retenir le personnel spécialisé (médecin et autres) au Québec et de sortir du fonctionnement en silo en stimulant la prévention, en agissant plus efficacement dans la lutte à la pauvreté et en soutenant efficacement les aidantes et aidants.
Public ou privé : entre les deux, mon cœur ne balance pas : la santé et l’éducation sont essentielles au bien-être des personnes et au développement de la société et il ne devrait pas y avoir de compromis sur l’accès universel à ces services.


4 mars 2009 at 8:46
Je voudrais remettre les pendules à l’heure sur les soins de santé À chaque fois que je vois un article sur le sujet c’est négatif. Si je me fie à mon expérience personnel, je crois que notre système fonctionne quand même assez bien. Laissez-moi-vous raconter mon histoire.
7.30hres Am le 11 septembre 2001 je vais faire prendre des prises de sang au CLSC et dans l’après-midi c’est l’Aféas comme tous les mardis. Sur l’heure du souper je reçois un appel de mon médecin qui me dit que je dois me rendre immédiatement à l’hôpital, on m’y attend, j’ai quelque chose d’anormal dans mon sang. On me garde pour 7 jours pendant lesquels on me passe une batterie de tests incluant 2 prélèvements de moelle osseuse qui sont envoyés à l’extérieur pour analyse. On me donne mon congé et je sais à ma sortie d’hôpital que je fais du cancer et j’ai déjà un rendez-vous en oncologie pour mon premier traitement de chimiothérapie. 95% de ma moelle osseuse est atteinte et je m’en suis sortie.
Je fais une récidive en 2006 mais comme je suis bien suivie on s’en aperçoit à temps, on me redonne de la chimio et je m’en sors. Au mois de mars 2007, on découvre une masse dans le sein droit. En avril je passe une mammographie, une échographie et une biopsie qui confirme que c’est cancéreux. On m’opère en juin et en juillet on me donne de la chimio en septembre et de la radiothérapie en février.
Aujourd’hui je vais très bien et oui je crois en notre système de santé. Je ne dis pas qu’il n’y a pas place à amélioration mais tout n’est pas négatif non plus.