Naître femme au Québec, une bénédiction ?
Écrit par Hélène Cornellier le Mardi 1 avril 2008
Par Suzanne Chiasson
En voyageant à travers le monde, on se rend vite compte que les hommes et les femmes n’ont pas les mêmes positions dans la société, ni les mêmes conditions de vie et de travail. Malgré les importantes victoires des mouvements féministes, partout les inégalités persistent entre les deux genres. Les femmes ne sont pas reconnues pour ce qu’elles sont, ni pour ce qu’elles font. Même si la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes a été adoptée à l’ONU par tous les pays en 1980, «des millions de femmes et de filles de par le monde sont encore privées de pouvoir, de moyens d’expression et de droits». Présentement, dans bien des pays, les femmes ne sont pas considérées comme des êtres humains à part entière. Elles sont souvent privées d’éducation et de liberté; elles sont victimes de la pauvreté, de la violence et de la discrimination.
Contrairement à ce qu’on peut penser, le Canada n’est pas le pays le plus avancé au monde en matière d’égalité des sexes. Au Forum économique mondial 2006, le Canada se classait au 14e rang sur 115 pays investigués. Il y aurait donc plus de 100 pays où la situation des femmes serait pire que la nôtre. Le progrès en la matière évolue donc à pas de tortue.
Dans certains pays d’Asie, pour des motifs culturels et socio-économiques, naître fille est une malédiction. Ainsi, nombre de bébés de sexe féminin sont éliminées à la naissance. Plus de 100 millions de filles manquent à l’appel, elles sont mortes. Les filles sont privées de leurs droits à la vie. On préfère plutôt élever un garçon.
Le manque d’accès des filles et des femmes au système d’éducation est aussi dommageable à leur avancement. Celles-ci représentent plus des deux tiers des adultes analphabètes de ce monde. Tant de petites filles ne vont pas à l’école car elles doivent travailler pour payer les études des garçons ou pour combler le déficit financier de la famille. Et pourtant, on sait maintenant que plus l’éducation des femmes est poussée, plus elles savent protéger leur santé, celle de leur conjoint et celle de leurs enfants. L’instruction des femmes est la pierre angulaire pour la diminution de la mortalité infantile et pour le développement socio-économique d’une collectivité. Mais les femmes analphabètes savent-elles seulement qu’elles ont des droits?
Que dire de la pauvreté ? Les femmes constituent la majorité des 1.5 milliards d’être humains vivant avec un dollar ou moins par jour. En effet, les femmes dans bien des pays sont employées dans le secteur informel, travaillent dans l’ombre, à petit salaire, sans règles de sécurité, ni pension ni protection sociale. Pourtant, chaque jour, elles portent le souci de nourrir toute la famille. Souvent discriminées parce que femmes, elles n’ont pas accès au crédit bancaire, ni même à l’héritage familial. En politique, elles sont difficilement élues au pouvoir et se doivent de performer plus que les hommes. Les femmes sont nées pour servir. Par malheur, leur généreuse contribution n’est pas reconnue par la société. Notons ici, que bon nombre de femmes au Canada, entre autres des autochtones, vivent également des problèmes de pauvreté, de rationnement de nourriture et de logement insalubre.
La femme, malgré sa noble contribution sociale par sa maternité et ses aptitudes spécifiques, est sans cesse et partout objet de violence: mutilations génitales des fillettes, mariages forcés, querelles au sein du couple, exclusions de la société, viols dans les guerres, etc. Aussi, des millions de filles et de femmes sont exploitées, victimes de la prostitution et du trafic sexuel dans nombreux pays, y compris le Canada. Même au Québec, la violence s’accentue, les filles et les femmes sont de plus en plus menacées. Notre silence ne risque t-il pas de se faire complice des inégalités et de la mise à l’écart des femmes?
Y a-t-il espoir qu’un jour toutes les femmes de ce monde soient reconnues et appréciées ? Que les pouvoirs soient équitablement répartis entre hommes et femmes ? Utopie ?
Que puis-je faire dans mon milieu pour changer ces rapports inégaux?


1 avril 2008 at 14:28
Il est vrai que la situation des femmes laisse à désirer, ici au Québec mais surtout à travers le monde. Tout en déplorant la pauvreté, l’analphabétisation, la violence, il faut comme Québécoises et Québécois souligner les avancées faites en regard ds droits des femmes. Pensons au Conseil des ministres paritaire, à l’équité salariale, au services de garde et aux prestations de maternité et paternité. Pensons aussi au très grand nombre de femmes dans les universités. Poursuivons nos démarches pour que les femmes du Qubéec atteignent l’égalité de fait. Poursuivons ces démarches pour nous, pour nos enfants mais aussi pour toutes les Canadiennes et toutes les femmes à travers le monde.
29 avril 2008 at 8:48
Suzanne dit:
Continuez de nous faire réfléchir sur la situation des femmes de chez-nous et d’ailleurs. La réflexion n’est-elle pas la base du progrès?
6 mai 2008 at 20:01
J’ai entendu quelque part : «On ne te fera endurer que ce que tu permettras qu’on te fasse endurer. Seule les femmes par le militantisme feront avancer la condition féminine en persuadant toutes les femmes de ne pas tolérer les injustices à leur égard. Petit pas par petit pas nous mèneront peut-être vers une société plus égalitaire.» C’est le voeu que je fais.