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Je suis féministe, tu es féministe, nous sommes féministes

Je suis féministe

Le 14 juin dernier, à Énergie 98.9, en entrevue avec Pierre Côté, président et fondateur de l’Indice Relatif de Bonheur, l’animateur Mario Tremblay a tenu des propos qui, je crois, méritent d’être questionnés.

 

La discussion tournait autour du féminisme. D’entrée de jeu, parler de féminisme entre hommes (#Déciderentrehommes), c’est mettre de côté dès le départ le point de vue des principales concernées. Que vous vous disiez non féministe ou féministe, M. Tremblay, cela m’importe peu. Cependant, votre « grosse » réflexion sur le féminisme, comme vous la qualifiez, a fait saigner mes oreilles.

 

  • Vous dites que les féministes, ce ne sont pas des « femmes ».
  • Vous dites que vous ne vous questionnez pas à savoir pourquoi il y a moins de femmes en politique.
  • Vous dites que les avancées des femmes ne sont pas dues aux mouvements féministes.
  • Vous dites aussi que les avancées des femmes auraient eu lieu même sans féministes.
  • Et vous allez jusqu’à opposer les mouvements gais aux mouvements féministes en disant « qu’au moins les mouvements gais ne sont pas arrogants et agressifs ».

 

« En 2016 »

Je me demande vraiment pourquoi vous désirez à tout prix vous distancer du mouvement féministe. Le féminisme défend l’égalité entre les femmes et les hommes. Comment pouvons-nous, « en 2016 », comme vous le dites, ne pas vouloir l’égalité entre les sexes? Vous ne pourrez pas nier, je l’espère, que des obstacles à l’égalité persistent toujours et qu’il y a encore plusieurs inégalités.

 

Je pense que vous vous faites une idée très caricaturale du féminisme. Ce n’est pas une religion ou un clan. Notre militantisme, je le comprends, vous dérange. Pourtant, le féminisme, c’est de l’humanisme. Se dire pour l’égalité, mais pas féministe, c’est incohérent.

 

Il est complètement faux d’affirmer qu’il suffit de dire « Go, vas-y! » aux femmes pour faire avancer leurs conditions. Des obstacles persistent et oui, nous avons besoin de mesures pour y arriver. Le principal obstacle, ce sont les mentalités, comme la vôtre, qui croient que tout n’est question que de simple volonté. Pas facile à changer, ce genre de réflexion. Vous l’avez bien expliqué avec votre exemple du « vieux monsieur qui ne changera pas d’idée ». Je remercie d’ailleurs Pierre Côté qui a tenté tant bien que mal de vous répondre.

 

Ce que je dirai à mes enfants

Je suis très fière du travail qui a été accompli par les femmes du Québec et d’ailleurs. Je constate aujourd’hui que les gains sont fragiles, à cause de gens comme vous qui croient que les obstacles sont dans notre tête.

 

J’ai l’intention de rappeler à mes enfants, gars ou filles, qu’il faut rester extrêmement vigilants et attentifs aux droits qui ont été durement obtenus. Je vais leur dire qu’il ne faut rien tenir pour acquis. Je vais leur raconter l’histoire de ces femmes qui se sont battues pour nous, la vraie histoire, et leur expliquer que ce qu’elles défendaient il n’y a pas longtemps, c’est ce qu’on défend toujours : l’égalité.

 

Je vais leur expliquer qu’il y aura toujours des gens comme vous pour donner au féminisme une connotation négative et pousser du revers de la main tout le travail qui a été fait pour en arriver où nous sommes aujourd’hui.

 

Je suis chanceuse de pouvoir étudier, choisir mon conjoint, décider d’avoir des enfants ou non, voter, devenir propriétaire de ma maison de plein droit et avoir un compte de banque personnel… Ces luttes, elles viennent d’avoir lieu et sont encore en cours dans plusieurs pays. Le Québec est dans les chefs de file en matière d’égalité des sexes, mais il reste encore du travail à faire. Parlez-en à votre mère.

 

Bien à vous,

Laurie Bélanger, 28 ans

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