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Communiqué de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes : Stratégie fédérale de lutte contre les violences basées sur le sexe: un petit pas en avant !

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Montréal, le 19 juin 2017 – La Fédération des maisons d’hébergement pour femmes se réjouit du lancement de la stratégie fédérale de lutte contre les violences basées sur le sexe. Il va sans dire que ce premier pas était attendu depuis longtemps.

Enfin, des données !

Il est prometteur que des sommes non négligeables soient consacrées à la production et à l’analyse de données. Les violences sont en effet souvent le parent pauvre des statistiques et il est difficile d’avoir accès à de l’information sexospécifique, représentative et qui va au-delà de données auto déclarées.

Besoins des victimes

Il est primordial d’améliorer l’aide et les services offerts aux survivantes, tout comme les sommes allouées. A travers le pays, la situation est très semblable : des femmes sont refusées quotidiennement parce que les maisons hébergent à pleine capacité ! Il faut clairement augmenter le nombre de refuges. Il est tout aussi nécessaire de faciliter le parcours des victimes dans le système de justice. Rappelons qu’un très faible pourcentage des victimes (22% en violence conjugale et 5% en agression sexuelle) portent plainte. Cela témoigne d’un réel problème de confiance envers notre système de justice.

Nous sommes heureuses de lire que beaucoup sera fait en matière de prévention. « Le travail en prévention est également une valeur sure, qui permet de vraiment changer les choses et fait économiser beaucoup ! Nous le répétons depuis longtemps » d’ajouter Manon Monastesse. De nombreuses maisons ont développé des programmes de sensibilisation et des liens avec leur communauté. Nous espérons que l’on s’inspirera des bonnes pratiques existantes.

Travail en silo et cohérence des politiques

S’il est louable d’identifier des priorités et de souhaiter s’attaquer au harcèlement, à la cyber sécurité ou à l’implication des hommes, il faut aussi constater que l’ensemble des formes de violences relève du même continuum et doivent donc être prises en considération simultanément et de façon cohérente. « Par exemple, si on dit qu’on souhaite étudier les violences chez les plus vulnérables, il faut s’engager à protéger les femmes violentées dont le statut d’immigration est précaire ?! Un ne peut aller sans l’autre ! », d’affirmer madame Monastesse, directrice générale de la FMHF. Tant que l’égalité réelle, pour toutes les femmes, ne sera pas au rendez-vous, les violences perdureront car elles sont une preuve incontestable et un levier de maintien des inégalités.

Si la stratégie nationale demandée se révèle fédérale, il n’est reste pas moins que bien du travail pourra être réalisé. Nous sommes heureuses de lire qu’il n’est pas exclu qu’elle devienne à terme une réelle stratégie nationale. La FMHF, à titre de membre du réseau canadien des maisons d’hébergement pour femmes (Hébergement femmes Canada), comptait parmi les premières à interpeller les partis dès la campagne électorale de 2015 afin qu’ils s’engagent, une fois au gouvernement, à jouer un rôle moteur dans l’éradication des violences basées sur le genre.

La Fédération représente 36 maisons d’hébergement au Québec, qui accueillent chaque année près de 3000 femmes et leurs 1500 enfants. Le taux d’occupation moyen des maisons est de 93% en 2016-2017. Insistons sur les fait que les seules maisons de la FMHF doivent refuser entre 6000 et 10 000 demandes annuellement, faute de place au moment de l’appel.

 

Source et info

Marie Hélène Senay
Coordo. comm et analyse
Fédération des maisons d’hébergement pour femmes
438 929 2201
mhsenay@fede.qc.ca

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