SERVICES AUX MEMBRES

Projet rassembleur 2008-2009 – L’achat chez nous (« Du Québécois dans mon cabas »)

Cette année, les membres de l’Afeas poursuivent leurs actions dans le domaine de l’environnement. Après avoir mené une vaste campagne pour que les sacs de plastique offerts par les commerces soient remplacés par des cabas (sacs réutilisables), voilà qu’elles veulent remplir leur cabas de produits d’ici.

Avant la mondialisation, les types de produits qui nous étaient offerts restaient limités. Nous achetions surtout des produits de chez nous. Progressivement, surtout grâce à l’efficacité des moyens de transport et à la signature d’ententes de libre échange entre les pays, nous avons connu une augmentation spectaculaire des types de produits qui nous sont offerts. Nous avons l’embarras du choix.

Plus récemment, avec l’émergence de pays comme la Chine, les coûts de production de plusieurs produits ont connu une baisse considérable. Certains entrepreneurs ont vite compris qu’ils pourraient diminuer de façon considérable leurs coûts de main-d’oeuvre en faisant fabriquer leurs produits dans ces pays émergents. Même avec des frais de transport plus élevés il devenait plus payant de faire fabriquer en Chine plutôt qu’au Québec. En quelques années, les entreprises du secteur manufacturier ont dû réagir… ou disparaître.

Pendant ce temps, nous, consommatrices, étions heureuses. Nous avions le choix entre de nombreux produits, et ce, à prix souvent très bas. Nos producteurs et fabricants locaux n’avaient qu’à bien se tenir… Il fallait que leurs prix soient concurrentiels.
Aujourd’hui, nous devons admettre que ces transformations dans nos habitudes d’achat ont engendré de sérieux problèmes. Les produits fabriqués ailleurs cachent des coûts que nous ne payons pas au moment de nos achats. Ce sont de nouveaux coûts de consommation: des coûts d’ordre environnemental, économique et social.

  • Environnemental
    Les méthodes de production varient d’un pays à un autre. Ils ne respectent pas tous les mêmes normes de protection de l’environnement. Par exemple, la Chine tire son énergie surtout de centrales alimentées au charbon, un des éléments les plus polluant pour l’atmosphère. En achetant les produits fabriqués en Chine, nous contribuons à cette pollution. C’est un coût caché que nous assumons collectivement par le biais des problèmes engendrés par les changements climatiques et la qualité de l’air que nous respirons. Au Québec, nous tirons notre énergie de l’électricité, une source non polluante.Le transport de marchandises nécessite presque inévitablement l’utilisation de carburant (essence, diesel, fuel…). La combustion de ces carburants génère d’importants gaz à effet de serre. Plus un produit voyage, plus il pollue. Malheureusement, de nos jours, les frais de transport sont souvent moins élevés que l’économie réalisée par les entrepreneurs qui font produire dans des pays où la main-d’oeuvre coûte peu. Acheter un produit qui a voyagé des milliers de kilomètres nous coûte peut-être un peu moins cher. Mais, là encore, nous payons collectivement les coûts cachés dans les gaz à effet de serre et les changements climatiques engendrés par le transport des marchandises.

    De plus, les normes de production varient d’un pays à un autre. Les normes établies au Canada ne prévalent pas au Mexique, en Chine… Certains pays n’interdisent toujours pas des produits chimiques que le Canada a banni les jugeant toxiques et dangereux pour la santé et l’environnement. Un exemple: le Canada interdit le DDT alors qu’il est toujours utilisé dans d’autres pays.

  • Économique
    Les multinationales prennent progressivement le contrôle de la fabrication et de la distribution de nos biens de consommation. Prenons, par exemple, le secteur de l’alimentation qui est contrôlé par une douzaine de ces compagnies à travers le monde. Au Canada, cinq chaînes alimentaires accaparent, à elles seules, 80% du marché. Ces chaînes ont un pouvoir énorme lorsque vient le temps de négocier des prix avec les producteurs. Pour vendre à bas prix, ils n’ont souvent d’autre choix que de se concurrencer entre eux, en plus de devoir faire face aux pays en développement. Autrefois, les producteurs travaillaient ensemble. Aujourd’hui, ils sont à la merci des conditions du marché, ce qui réduit leur indépendance et leur capacité d’absorber les variations de prix. Toute notre économie en est bouleversée. Collectivement, nous en perdons le contrôle et tombons à la merci des multinationales.
  • Social
    “Acheter, c’est choisir”! Acheter des produits de chez nous, c’est créer et maintenir les emplois de nos entrepreneurs, de nos ouvriers et de nos producteurs. C’est leur permettre de gagner leur vie, de tisser des liens étroits avec leurs semblables et de contribuer à l’enrichissement de leur communauté. Acheter les produits faits à l’étranger, c’est priver des milliers de personnes d’ici de leur gagne-pain et de leur dignité. Parfois, pour économiser quelques dollars sur le prix d’un bien, nous en dépensons des milliers en coûts sociaux (assurance-emploi, aide sociale, soins de santé…).Pour réaliser ce projet rassembleur, l’Afeas met à la disposition de ses membres, les outils suivants :
  • un dépliant d’information;
  • un formulaire pour identifier la provenance des produits que nous achetons;
  • la diffusion des logos identifiant les aliments du Québec.