SERVICES AUX MEMBRES

Services de santé et services sociaux

Au début des années quatre-vingt-dix, confronté à une crise des finances publiques, le gouvernement du Québec mettait en place une série de mesures qui allait transformer en profondeur le système public de la santé et des services sociaux. En même temps, la hausse anticipée des demandes de services, attribuable en partie au vieillissement de la population, incitait le gouvernement à adopter une nouvelle orientation en matière de dispensation des soins de santé et des services sociaux, dont le fameux «virage ambulatoire» visant à soigner à domicile plutôt qu’en institution.

Pour arriver à ce changement d’orientation, l’État promettait l’organisation de services à domicile en lien avec les CLSC. Depuis plus de dix ans, ce volet des services de santé reste le parent pauvre du réseau. Une des raisons réside dans le fait que l’État s’est appuyé, entre autres mesures, sur la prise en charge communautaire et surtout sur celle des familles, assumée dans 80% des cas par les femmes. En fait, les femmes de la famille sont prises pour acquises par les intervenantes et les intervenants des services de santé et des services sociaux. Elles n’ont pas réellement le choix quand vient le temps de prendre ou non en charge un proche ayant besoin d’aide lors du retour à domicile. On leur dit «quand, comment et quoi», leur donnant des consignes comme si elles étaient un des maillons de la chaîne de soins du réseau !

L’Afeas en action pour des services de santé

Dans une société moderne du deuxième millénaire, deux aspects de ce dossier importent ici, l’un ne fonctionne pas sans l’autre. Il s’agit de l’accès aux services de santé et aux services sociaux, même à domicile, et la mise en place de programmes ou mesures de soutien pour les aidantes qui «choisissent» d’assister un proche qui en a besoin.
Ainsi, selon l’Afeas, l’État doit d’abord assurer la pérennité des services de santé et des services sociaux à domicile et en institutions en termes de qualité et de quantité suffisantes pour répondre aux besoins de tous ses citoyennes et citoyens. Dans ce secteur de la santé, l’État ne peut se permettre, comme c’est le cas actuellement, de jouer seulement un rôle complémentaire à celui des familles et de la communauté.

Pour assurer ces services, au même titre que les services hospitaliers et tertiaires qui sont grandement favorisés, l’État doit mettre en place une Politique de soutien à domicile pour les personnes dans le besoin, tenant compte du réseau d’aide familial ou de voisinage, et ce, de façon uniforme à la grandeur du Québec. Pour assumer son rôle, il  doit augmenter les budgets ainsi que le personnel soignant qualifié pour mettre en place et améliorer les services et soins à domicile, entre autres, en assurant une continuité dans les soins mais surtout dans les intervenants qui les donnent. Enfin, il doit veiller à diffuser auprès de la population une information complète sur les services disponibles dans chaque région et la façon de s’en prévaloir.

Parallèlement, pour l’Afeas, des mesures pour reconnaître et soutenir le travail des aidantes et des aidants doivent être mises en place. Plus précisément, ces mesures visent à permettre à ces femmes de faire des choix éclairés et libres quant au rôle qu’elles souhaitent jouer ; d’exercer ce rôle d’aidante dans des conditions qu’elles participent à déterminer et en tout sécurité ; d’avoir accès à des mesures sociales et économiques établies par le gouvernement, les entreprises où elles travaillent et la communauté où elles vivent.

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