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Travail invisible

Travail invisible

Parce que le travail invisible, ça compte !

Le travail invisible, non rémunéré, comprend l’ensemble du travail accompli au sein de la famille et du bénévolat réalisé dans la communauté, quel que soit le statut de la personne. Dans les pays du tiers-monde, il comprend aussi le transport de l’eau, la production agricole et artisanale liée à la survie de la famille.

En 1995, l’Organisation des Nations-Unies (ONU) estimait à 11 000 milliards $ US la valeur annuelle du travail invisible et non rémunéré des femmes à travers la planète. (ONU, PNUD, 1995)

Qualifier le travail non rémunéré d’«invisible», c’est dire que sa valeur n’est pas reconnue ou quantifiée dans les comptes nationaux comme le Produit intérieur brut (PIB). Bien que l’ONU, tout comme Statistique Canada, montrent que ce travail constitue une grande richesse pour les pays, cette contribution continue d’être occultée.

Cette situation perdure toujours aujourd’hui, en 2008. Depuis les ententes de la Conférence internationale des femmes, à Nairobi en 1985, certains des pays signataires assurent une collecte des statistiques liées au travail non rémunéré, comme c’est le cas du Canada. Pourtant son évaluation et sa comptabilisation au sein du PIB ne sont pas encore effectuées de façon systématique. À titre d’exemple, au Canada, la dernière évaluation de ce travail provient de l’Enquête sociale générale de 1992.

En 1992, Statistique Canada estimait entre 235 et 374 milliards $ la valeur annuelle du travail non rémunéré, incluant le bénévolat, soit entre 34,0% et 54,2% du Produit intérieur brut (PIB). (Statistique Canada, 1995)

Rendre visible le travail invisible !

Pour l’Afeas, la reconnaissance de la valeur du travail invisible permet de valoriser les personnes qui l’accomplissent, généralement des femmes comme mères et aidantes. De plus, les données provenant de Statistique Canada permettent au gouvernement du Canada comme à celui du Québec ou des autres provinces canadiennes de mettre en place des politiques et des programmes pour les parents et les aidantes et aidants. Que ce soit des prestations financières et des crédits d’impôt remboursables, des mesures de conciliation famille-travail-études et des services de santé à domicile, ces mesures et programme contribuent à améliorer le statut des femmes, premières responsables du travail invisible, et à assurer leur autonomie sociale et financière.

En 2006, comment comprendre le peu de reconnaissance et de soutien aux femmes et aux hommes dont l’apport au sein de leur famille et de leur communauté est jugé essentiel à leur développement et à leur survie ?

L’Afeas en action pour reconnaître le travail invisible

Rappelons que dès 1968, « (…) nous (Afeas) prenions position devant la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada (Commission Bird) en introduisant le principe du travail invisible des femmes dans les discussions.» (Labrecque, 2001) Ainsi, depuis 40 ans, l’Afeas défend la reconnaissance du travail des femmes (et celui des hommes) au sein de la famille comme mères et aidantes, qu’elles soient sur le marché de l’emploi ou non.

Au fil des années, l’Afeas adopte de nombreuses positions pour revendiquer une reconnaissance sociale et économique du travail non rémunéré, dit «invisible». Pour rendre visible cette problématique, l’Afeas crée en 2001 la Journée du travail invisible qui se tient chaque année le premier mardi d’avril. Cette journée de sensibilisation permet à l’Afeas de porter à l’attention de la population et des décideuses et décideurs l’importance du travail invisible et la pertinence de politiques et de mesures pour soutenir les parents et les aidantes et les aidants. Depuis 2010, cette Journée du travail invisible est devenue « nationale ». En effet, à l’initiative de la députée Nicole Demers, la Chambre des communes a adopté à l’unanimité une motion créant la Journée annuelle du travail invisible.

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