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Vers la mise en place d’un troisième plan d’action gouvernemental pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées 2022-2027. Mémoire. Mars 2021

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Vers la mise en place d’un troisième plan d’action gouvernemental pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées 2022 – 2027

Mémoire déposé au Secrétariat aux aînés, Ministère de la Santé et des Services sociaux

4 mars 2021

 

Sommaire

Introduction                                                                                                                      page 3

  1.  L’Afeas, en bref                                                                                                    page 4

Ses membres et sa structure

Ses dossiers prioritaires et ses réalisations

Son travail de collaboration

  1. La violence, un dossier majeur à l’Afeas                                                      page 5

Campagne de sensibilisation et programme de formation

Consultations gouvernementales

  1. Deux balises incontournables                                                                          page 6

L’ADS+, un instrument essentiel

La pauvreté et l’exclusion sociale, des facteurs de maltraitance

  1. Le troisième plan d’action                                                                                 page 7

Les clientèles visées

Les pistes de réflexion et d’action pour 2022-2027

Conclusion                                                                                                                          page 13

Recommandations                                                                                                           page 14

 

 

Recherche et rédaction : Hélène Cornellier

Document accessible sur www.afeas.qc.ca et http://cdeacf.ca/

© Afeas – 2021  —  La traduction et la reproduction totale ou partielle de la présente publication à des fins non commerciales sont autorisées à la condition d’en mentionner la source complète. Pour citer ce document : Afeas, Vers un troisième plan d’action gouvernemental pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées, Mémoire, Montréal, Afeas, 2021, 14 pp.

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Introduction

La présente consultation visant l’élaboration d’un troisième Plan d’action gouvernemental pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées 2022-2027, pilotée par le Secrétariat aux Aînés, découle d’un processus de consultations et de développement de partenariats depuis 2007.

Au fil des années, l’Association féminine d’éducation et d’action sociale(Afeas) a participé activement à ces consultations. Aujourd’hui, elle souhaite que les positions et points de vue de ses membres, dont 72,51 % ont 65 et plus[1], soient pris en compte pour  l’élaboration de ce plan d’action.

Nous le rappelons, l’Afeas est avant tout une organisation dédiée à l’éducation et à l’action sociale auprès des femmes et des hommes de tous âges. Elle n’offre pas de services ou de soins directs auprès des personnes. Sa mission étant d’obtenir pour les femmes, québécoises et canadiennes, l’égalité dans les faits comme dans les droits, l’Afeas aura, dans le cadre de cette consultation, un préjugé favorable pour les femmes âgées.

Nous voulons souligner ici que parmi les personnes âgées de 65 ans et plus, certaines reçoivent de l’aide des proches et d’autres sont leurs proches aidantes. Dans ces deux groupes de personnes âgées se vivent des situations de violence ou de maltraitance, encore mal répertoriées et dont les impacts sont aussi encore peu évalués.

Par ailleurs, à côté des personnes âgées, on retrouve des personnes plus jeunes, mais vulnérables. Ce sont des personnes handicapées, physiquement ou mentalement, qui vivent à domicile, dans des loyers supervisés ou en CHSLD. Ces personnes peuvent aussi subir de la violence et, à ce titre, devraient aussi faire l’objet de ce troisième plan d’action.

Dans le présent mémoire, à la suite d’une brève description de l’Association féminine d’éducation et d’action sociale, nous présentons un aperçu de son action dans le dossier de la violence envers les filles et les femmes.

Après la description de deux balises incontournables pour l’élaboration du troisième plan d’action, nous présentons les clientèles qui doivent en être l’objet. Finalement, nous traitons les thématiques soulevées dans le document de consultation à partir des prises de positions de nos membres au fil des années.

 

  1. L’Afeas, en bref

Association féministe, dynamique et actuelle, l’Association féminine d’éducation et d’action sociale (Afeas) a pour mission de promouvoir et de défendre l’égalité entre les femmes et les hommes dans toutes les sphères de la société. Pour cela, elle donne une voix aux femmes afin de soutenir leur participation au développement de la société québécoise.

Grâce à l’éducation et l’action sociale concertées, l’Afeas concourt à la construction d’une société fondée sur des valeurs de paix, d’égalité, d’équité, de justice, de respect et de solidarité. Elle vise l’autonomie des femmes sur les plans sociaux, politiques et économiques, ce qui leur permet de contribuer à la vie démocratique du Québec.

Ses membres et sa structure

L’Afeas, organisme sans but lucratif, provient de la fusion, en 1966, de deux organismes : l’Union catholique des femmes rurales (UCFR) et les Cercles d’économie domestique (CED). En 2019, l’Afeas regroupe 7 000 Québécoises œuvrant au sein de 200 Afeas locales réparties en 11 Afeas régionales.

Son organisation « terrain », administrée par un conseil d’administration aux trois paliers, favorise l’expression des points de vue de ses membres sur les enjeux sociaux et sur les orientations de l’organisation. C’est d’ailleurs grâce à ses membres bénévoles que l’Afeas remplit sa mission depuis plus de cinquante ans.

Ses dossiers prioritaires et ses réalisations

Depuis sa fondation, l’égalité entre les femmes et les hommes, dans toutes les sphères de la société, demeure incontestablement le leitmotiv de l’Afeas. Conséquemment, elle travaille sur différents enjeux concernant les Québécoises et les Canadiennes. Au fil des années, elle a obtenu des gains, mais les luttes ne sont pas terminées. Ces dossiers sont, notamment :

  • l’égalité entre les femmes et les hommes dans toutes les sphères de la société ;
  • l’accès et la participation paritaire aux instances démocratiques à tous les niveaux ;
  • la reconnaissance du travail non rémunéré des femmes, comme mères et aidantes ;
  • la sécurité financière des femmes tout au long de leur vie, incluant lors de leur retraite ;
  • l’accès à l’éducation, à l’équité salariale, aux métiers non traditionnels, à des mesures de conciliation famille-travail-études ;
  • l’accès à des mesures pour prévenir et contrer la violence envers les filles et les femmes.

Son travail de collaboration

L’Afeas agit au sein de la société québécoise et canadienne, et ce, sur tous les plans pour que toutes les femmes soient égales aux hommes dans les droits comme dans les faits. Par le réalisme de ses interventions, elle a acquis une crédibilité comme interlocutrice auprès des instances gouvernementales et des organismes du milieu. Pour faire avancer ses dossiers, l’Afeas fait partie d’organismes ou de regroupements québécois, canadiens et internationaux.

 

  1. La violence, un dossier majeur à l’Afeas

Quelques années après sa fondation, l’Afeas entreprend d’adopter des revendications dans le dossier de la violence et ses divers aspects : violence envers les enfants, violence conjugale et familiale, violence envers les personnes âgées, agressions sexuelles,  mutilations génitales, violence dans les médias, pornographie et prostitution.

Campagne annuelle et programme de formation

En 1997, l’Afeas met en place une campagne annuelle de sensibilisation contre la violence envers les filles et les femmes, de tous âges et de tous milieux. L’Opération Tendre la main, qui se déroule du 25 novembre au 6 décembre, se veut une campagne pour aider les personnes qui y participent à reconnaître la violence, celle qu’elles ou des proches subissent comme celle qu’elles font subir. Elle permet aussi de faire connaître les ressources institutionnelles et communautaires du milieu et des gestes et/ou des paroles susceptibles d’aider à modifier les comportements. Au fil des ans, les Afeas locales et régionales ont organisé des activités auprès des différentes clientèles, et ce, dans divers lieux de leurs communautés.

En 2009, l’Afeas a mis en place un programme de formation pour ses membres et les personnes de leur communauté. Sous le titre, La violence, ça nous regarde! –Comprendre, détecter et agir pour contrer la violence, cette formation a rejoint les membres à travers le Québec, leur permettant de mieux comprendre leurs aprioris face à la violence, comme de très nombreuses Québécoises et Québécois, et de savoir comment agir devant une telle situation comme citoyennes.

Consultations gouvernementales

Depuis plus de 15 ans, l’Afeas participe activement aux diverses consultations[2] en lien avec la violence, particulièrement celles envers les personnes âgées, notamment,

  • au Forum des générations, mis en place par le premier ministre de l’époque, monsieur Jean Charest[3] (2004) ;
  • aux consultations régionales et provinciale du Conseil des Aînés et de son rapport Une pleine participation des aînés au développement du Québec afin de construire un Québec pour tous les âges (2005) ;
  • à la consultation publique sur les conditions de vie des aînés, sous l’égide de la ministre responsable des Aînés, madame Marguerite Blais, dont le rapport Préparons l’avenir avec nos aînés a contribué à orienter l’action gouvernementale québécoise[4] (2007) ;
  • aux travaux pour la politique Vieillir et vivre ensemble – Chez soi, dans sa communauté, au Québec et au Forum des partenaires pour la mise en œuvre du plan d’action 2010-2015 (2010-2011) ;
  • à la consultation pour le deuxième Plan d’action gouvernementale pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées (2016)[5];
  • au Forum sur la maltraitance matérielle et financière envers les personnes aînées (2018) et au Forum des partenaires pour contrer la maltraitance envers les personnes ainées (2019).

 

  1. Deux balises incontournables

Depuis plus de 10 ans dans le cadre des différentes consultations, tous sujets confondus, l’Afeas demande que deux balises essentielles soient prises en compte dans le cadre de l’élaboration d’une loi, d’une politique, d’un plan d’action et d’un programme, et ce, afin que les situations vécues par les femmes soient réellement considérées.

Ainsi l’Afeas recommande l’utilisation de l’analyse différenciée et intersectionnelle selon le sexe (ADS+) et la prise en compte de la pauvreté et de l’exclusion sociale dans le choix des cibles du troisième Plan d’action gouvernemental pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées 2022-2027.

L’ADS+, un instrument essentiel

Pour l’Afeas, la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants et le ministère de la Santé et des services sociaux DOIVENT s’assurer d’effectuer une ADS+ dans la démarche d’élaboration du troisième plan d’action pour contrer la maltraitance envers les aînés. Cette démarche, permettant de favoriser l’égalité entre les femmes et les hommes, devra dans ce contexte-ci évaluer, notamment, les paramètres suivants : (1) les clientèles visées selon le sexe et le profil (groupe d’âge, groupe culturel, incapacité / handicap, orientation sexuelle, milieux de vie, etc.) et (2) les types de violence et d’agresseurs selon le sexe.

En effet, comment planifier et adapter les actions pour contrer efficacement la maltraitance envers des personnes aînées autonomes ou avec des incapacités permanentes ou temporaires, quel que soit leur milieu de vie, si on ne connaît pas bien les différentes clientèles et leurs besoins ? L’ADS+[6] permet de mieux comprendre les situations telles que vécues, d’outiller les familles, les proches  et les intervenant.e.s / professionnel.le.s et d’évaluer les impacts des actions mises de l’avant. Ainsi le PAM 2022-2027 constitue une occasion à ne pas manquer d’inclure cette lunette pour prévenir des impacts non désirés sur la clientèle ciblée au lieu de réagir à la suite de résultats qui ne donnent pas les effets désirés au départ.

La pauvreté et l’exclusion sociale, des facteurs de maltraitance

Bien qu’on ne puisse dire que la pauvreté et l’isolement soient le fait d’un groupe d’âge ou socioéconomique particulier, ils peuvent constituer des facteurs de risque de vivre de la maltraitance. Dans une vision élargie de cette problématique, il convient aussi de travailler sur ces facteurs pour minimiser leurs impacts sur les personnes aînées, comme le soulevait la co-commissaire, Sheila Goldbloom, lors des consultations sur les conditions de vie des aînés en 2007[7].

  1. Le troisième plan d’action

Selon le document de consultation de 2016, « en 2015, les personnes âgées de 65 ans et plus constituent 17,6% de la population totale du Québec; 86,3% d’entre elles vivent à domicile, 10,7% en résidence privée, 2,3% en CHSLD et 0,8% en ressources intermédiaires ou familiales[8] ». En ce qui concerne la maltraitance, entre 1980 et 1990, de « 4,0% à 7,0% des personnes aînées vivant à domicile ont été aux prises avec un type de maltraitance par un proche[9] ».

Plus récemment, l’étude de 2019 de l’Institut de la statistique du Québec sur la maltraitance envers les personnes aînées à domicile[10] montre que 5,9 % (78 900) des personnes âgées vivant à domicile ont vécu de la maltraitance dans les douze derniers mois. Il sera souhaitable que cette étude et les mises à jour futures nous permettent de voir l’évolution de la maltraitance que vivent les aînés.

Les clientèles visées

Lors des consultations précédentes sur les conditions de vie et la maltraitance envers les aînés, l’Afeas a pris le parti-pris des personnes âgées en regard de leurs besoins de services de santé et services sociaux de même que de services communautaires, et ce, quelque soit leur milieu de vie. Elle a aussi mis de l’avant les problématiques vécues par les personnes qui aident nos aînés, reconnues comme les « personnes proches aidantes » par le projet de loi 56 adopté à l’automne 2020[11]. Aujourd’hui, elle ajoute les personnes majeures vulnérables comme cible du plan d’action.

Ainsi l’Afeas recommande, dans le Plan d’action gouvernemental pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées 2022-2027, l’inclusion distincte des clientèles suivantes quelque soit leur milieu de vie : les personnes âgées qui ont besoin d’aide, les personnes âgées qui aident (personnes proches aidantes) et les personnes majeures en situation de vulnérabilité.

Peu de données différenciées en fonction du sexe nous sont fournies dans le document de consultation sur les femmes aînées vivant de la maltraitance, sauf pour souligner « une prévalence plus élevée chez les femmes (7,4 %) que chez les hommes (4,2 %) en ce qui concerne la maltraitance physique, sexuelle et psychologique »[12]. Par ailleurs, pour mieux cibler les actions à développer, il faut distinguer les personnes âgées, celles qui ont besoin d’aide et celles qui en donnent, et les personnes majeures vulnérables.

Les personnes âgées qui ont besoin d’aide– Parmi les personnes âgées à domicile (tel que déterminé par l’ISQ), les besoins d’aide varient en fonction de l’âge et de l’état de santé. Certaines sont totalement autonomes et d’autres pas du tout. Par ailleurs, cette situation peut changer au fil des années et de façon drastique à cause d’un accident ou d’un problème de santé. Il faut noter qu’une personne âgée peut avoir besoin d’aide et aussi en donner.

Les personnes âgées qui aident– Sans ces aidantes, les personnes aînées vivraient encore plus dans la solitude et l’isolement et les services de santé et services sociaux seraient encore plus sollicités, sans pouvoir répondre aux besoins exprimés. Cette réalité, déjà criante lors des premières consultations en 2007, a peu changé depuis comme nous l’a montré la pandémie et ses impacts sur les personnes âgées. En 2012, au Québec, 25 % de la population de 15 ans et plus, soit environ 1 675 700 personnes, est un·e proche aidant·e, dont à peu près 965 700 femmes et 710 000 hommes[13]. Chez les 65 ans et plus, 18,1 % sont des femmes et 17,4 % des hommes ; un écart moins grand que pour les groupes d’âge précédents.

Les personnes majeures vulnérables, non âgées –De même que la Loi 115 – Loi visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés et toute autre personne majeure en situation de vulnérabilité[14], et sa politique-cadre[15], le troisième plan d’action DOIT prendre en compte toutes les personnes majeures en situation de vulnérabilité. Nombreuses sont celles qui vivent à domicile, avec ou sans le soutien des services de santé et des services sociaux. Mais où qu’elles vivent, il est important de faire une étude pour valider les données touchant la maltraitance envers ces personnes majeures en situation de vulnérabilité, et ce, afin de déployer des mesures concrètes et applicables à leurs situations particulières.

Malgré les politiques, plans d’action et budgets adoptés à répétition par les différents gouvernements au fil des années, les services de santé et services sociaux, tant à domicile que dans les institutions, ne sont pas au rendez-vous en quantité suffisante pour soutenir les Québécoises et les Québécois qui vieillissent[16] ou qui sont vulnérables. Le réseau de la santé et des services sociaux ne s’est pas adapté au vieillissement de la population. Pourtant ce courant démographique est bien connu depuis plusieurs années, le Québec étant un des états où le vieillissement croit le plus rapidement au monde[17].

Encore une fois, le curatif ou l’urgence prend le pas sur la prévention, laissant les personnes âgées et les clientèles vulnérables avec très peu ou carrément pas soutien. Sans des services adéquats et en quantité suffisante, et ce, dans chacun des milieux de vie, les personnes aînées comme les personnes vulnérables se retrouvent isolées, négligées… et maltraitées, sans que personne n’en soit conscient ou en assume la responsabilité[18]! Sans des services adéquats et en quantité suffisante, les proches aidant.e.s, les professionnel.le.s et intervenant.e.s se fatiguent, risquent le burn-out, prennent des décisions en fonction de leurs propres besoins ou de leurs préjugés face à la personne aidée. Dans un tel contexte, comment ne pas devenir impatient ou négligent devant les demandes d’un aîné ? Mais il faut le dire, ceci n’explique ni n’excuse cela !

L’Afeas ne le dira jamais assez, La violence, assez, c’est assez ![19], quel que soit le type de violence ou maltraitance. Ensemble ne doit-on pas veiller au mieux-être de toutes et tous, jeunes comme aînés ?

Les pistes de réflexion et d’action pour 2022-2027

Dans le cadre de la mise à jour du plan d’action gouvernemental pour contrer la violence envers les personnes aînés, le Secrétariat aux aînés sollicite des avis sur quatre thématiques : l’âgisme, la maltraitance psychologique, la maltraitance institutionnelle et la bientraitance.

Ce plan d’action sera le troisième depuis 2010, mais ne sera pas le dernier loin de là, et ce, malgré la réalisation de certaines des initiatives identifiées par les deux premiers plans d’action. Le document de consultation mentionne qu’ « au 31 mars 2020, l’ensemble des mesures du PAM étaient amorcées », 32 étaient en cours, 12 réalisées et toujours en cours, 8 terminées[20]. Cependant, au moment de la présente consultation, nous n’avons pas le bilan global du deuxième plan d’action, toujours en cours. Les exemples présentés – campagnes de sensibilisation, recherches, outils et guides de formation – sont factuels et ne montrent pas les impacts qu’ont pu avoir ces actions sur les clientèles visées. C’est pourquoi l’Afeas souhaite que ce bilan, à venir à l’hiver 2022, nous montrera les actions porteuses de changements significatifs et les autres qui n’ont qu’une portée relativement courte, tant en termes quantitatifs que qualitatifs. Aujourd’hui en 2020, nous avons plus de données[21]sur les situations de maltraitance vécues par les aînés, ce qui permettra de mieux cibler les actions à venir et de recadrer au besoin celles qui sont en cours.

N’oublions pas les cruelles vérités que la pandémie du coronavirus nous a montrées. Celle-ci n’a pas engendré les problèmes vécus au sein du système de santé ; elle les a révélé au grand jour, montrant les manques de responsabilité, de personnel et de matériel, de même que l’invisibilité de certains services, de certaines clientèles  et certains postes de travail.

Le troisième plan d’action doit poursuivre la sensibilisation, la formation et le développement des connaissances amorcés depuis 2010. Mais il doit aussi prévoir des actions concrètes qui cernent rapidement les situations problématiques afin de les résorber à l’intérieur de son échéance en 2027, et ce, de façon permanente. Ne faisons pas avec la maltraitance envers les personnes aînées la même chose que nous faisons depuis des décennies avec le problème de l’encombrement des urgences (avant la pandémie), c’est-à-dire peu de choses réellement efficaces jusqu’à maintenant.

La maltraitance psychologique – Comme le mentionne le document de consultation, la maltraitance psychologique est insidieuse, silencieuse, mais combien néfaste pour les personnes qui la subissent. Elle passe trop souvent inaperçue, car jumelée avec d’autres types de violence – physique, verbale, sexuelle, financière – ceux-ci étant plus visible. Les données de l’enquête de 2019 de l’ISQ montre le petit pourcentage reliée à cette maltraitance et le fait qu’elle décroit avec l’âge. Ceci nous questionne, car la maltraitance psychologique semble généralement la première étape dans le cycle de la violence. En effet, en agissant sur l’estime de soi, elle ouvre la porte aux autres formes de maltraitance et d’abus. Le fait qu’elle soit quasi invisible, n’explique-t-il pas que les participant.e.s à l’enquête ne la pointe du doigt que dans très peu de cas ?

Ainsi l’Afeas recommande

  • dans les recherches actuelles et à venir tout comme dans les interventions directes avec les victimes de maltraitance et leurs proches, de porter une attention particulière à la maltraitance psychologique;
  • des services d’accompagnement et de soutien, pour aider une personne qui a subi de la violence ou des abus à se reconstruire, car il est essentiel de l’aider à retrouver son estime de soi, ce qui lui permettra de poser des limites face à ses agresseur.e.s et/ou de trouver le courage de demander de l’aide.

L’âgisme et la maltraitance organisationnelle – Ces deux aspects de la maltraitance sont comme les deux côtés d’une médaille, sans pouvoir dire lequel vient en premier. La société actuelle considère peu les personnes âgées, car non productives et éventuellement à la charge des générations plus jeunes. Le système de santé contribue à l’âgisme en les infantilisant, en niant leurs besoins et leurs demandes pour mieux répondre aux exigences des services et des protocoles de travail. Ainsi les services qui leur sont offerts sont souvent inadaptés et/ou insuffisants. Que ce soit à domicile, en RPA, RI OU RTF, tout comme en CHSLD et en centre hospitalier, les services sont minimalistes et les coupures des décennies antérieures les ont réduits à « peau de chagrin ».

Ici un exemple parmi tant d’autres provenant d’une membre de l’Afeas, très impliquée dans son milieu. Au moment où les comités de résidents et d’usagers se regroupaient pour assurer une plus grande vigilance auprès des personnes hébergées, une entente cadre du MSSS amputait leurs budgets et restreignait les actions des bénévoles, la majorité des femmes souvent âgées elles aussi.

Le cadre de référence des comités de résidents et d’usagers a été remis à jour en 2018 par le Ministère de la Santé et des Services Sociaux (MSSS) avec des critères restreints quant à l’utilisation des fonds octroyés.  Ex : les membres bénévoles ne peuvent plus organiser d’activités de loisirs, remettre des cartes de souhaits, acheter des petits cadeaux de bienvenue etc. Les contacts humains sont donc moins fréquents ce qui peut isoler davantage les personnes seules ou très peu visitées. Il en résulte que les personnes ne trouvent personne à qui se confier en cas de maltraitance ou de manque de soins. L’écoute et l’aide aux résidents-e.s afin d’acheminer les plaintes à qui de droit est le premier rôle du comité, on passe donc souvent à côté. Même si les comités de résidents ont gardé une certaine autonomie, la structure est très lourde. Voici la ligne : Comité de résidents (CR) vs comité des usagers (CU) vs comité des usagers des centres intégrés (CUCI) vs regroupement provincial des comités des usagers (RPCU). (…) 

Aussi (d)e nouveaux postes de techniciens-es en loisirs ont été créés mais le manque de personnel à ces postes a pour effet que les personnes hébergées sont souvent laissées à elles-mêmes. D’où une nouvelle forme de maltraitance psychologique et organisationnelle. Les femmes ayant une espérance de vie plus longue que celle des hommes, il va de soi qu’elles sont plus nombreuses à être touchées par cette maltraitance qui est aussi souvent provoquée par un mouvement d’âgisme.

Lise M. Vachon[22]

Ainsi l’Afeas recommande

  • le retour de comités de résidents et d’usagers de proximité avec les budgets conséquents dans toutes les institutions des CISSS et des CIUSSS, quelque soit leur milieu de vie (domicile, centres d’hébergement publiques et privés), et ce, afin de rassurer les usager.ère.s et les résident.e.s et de créer un lien de confiance, tout en exerçant un certain contrôle de la qualité des soins et services offerts;
  • des responsables et de professionnel.le.s imputables, tant dans les milieux d’hébergement que pour les services à domicile;
  • des services à domicile en quantité suffisante avec du personnel régulier et qualifié pour s’assurer que les personnes âgées ne soient pas laissées à elles-mêmes et isolées et que les situations de maltraitance soient plus aisément détectées;
  • des services d’appel permanent pour contrer l’isolement, comme ce fut le cas lors de la pandémie, et permettant de détecter des situations de maltraitance;
  • l’accès en priorité à des ressources d’hébergement lors de violence conjugale et familiale pour les personnes âgées et vulnérables;
  • l’accès à des ressources d’accompagnement tout au long des démarches nécessaires à la suite d’une situation de maltraitance (déménagement, plainte, suivi de santé physique et psychologique, etc.).

La bientraitance – Tout en voulant poursuivre le travail pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées, le troisième plan d’action vise à développer davantage une culture de bientraitance. Pour l’Afeas, l’éducation est la fondation de tout changement de mentalité et de comportement. Que ce soit par des campagnes de sensibilisation, d’information et de formation adaptées à différents publics, que ce soit auprès des élèves des écoles qui côtoient leurs grands-parents ou des voisins âgés auprès des adultes proches des aînés et des intervenants de toutes provenances, l’éducation est la clef. La répétition de mots simples et de situations quelquefois caricaturales frappent l’esprit, questionnent et font prendre conscience de nos propres comportements (ignorance ou impatience envers les aînés, etc.) et de nos préjugés (âgisme, etc.). On apprend par l’exemple, donc la reconnaissance d’actions ou de gestes de bientraitance que l’on prend en note, qu’on partage et qu’on intègre à son quotidien, sont autant d’avenues permettant de créer cette culture de bientraitance… pour contrer la maltraitance.

Un exemple de concertation pour implanter des services de proximité au Bas-St-Laurent peut devenir un modèle transférable de bientraitance envers les populations des petites localités, dont les personnes âgées, au lieu de fermer les villages et de transférer les personnes vers de plus grands centres où elles sont « déracinées » dans tous les sens du terme.

Le Collectif régional de développement du Bas St-Laurent (CRD) a lancé un projet  de recherche pour implanter des services de proximité pour toutes les populations notamment dans les petites localités. Cette recherche vise à améliorer le travail intersectoriel, à créer une cohésion et un croisement des services et à enseigner la responsabilisation collective des aînés. 

Les aînés des petites municipalités veulent demeurer dans leur milieu, dans leurs affaires. Le maintien à domicile des aînés aide à vitaliser les communautés, car plusieurs aînés sont bénévoles à la bibliothèque, à l’école… Au Bas-St-Laurent, ce sont 18 000 personnes qui reçoivent des services et soins à domicile. Le Bas-St-Laurent compte 114 municipalités dont 48 ont moins de 500 habitants et 8 MRC dont les préfets forment le CA du CRD.

Céline Duval[23]

Et que sont devenus le programme de mentorat intergénérationnel à Blainville et les bibliothèques d’information pour les proches aidant.e.s à Terrebonne, Charlemagne et l’Assomption auxquels l’Afeas faisait mention dans son mémoire de 2016[24] ? Existent-ils toujours ou sont-ils morts faute de moyens pour poursuivre leurs activités ?

Ainsi l’Afeas recommande :

  • des concertations entre les différentes instances impliquées dans le milieu (municipalités, organismes communautaires, représentant.e.s des personnes âgées et des personnes vulnérables, institutions dont la santé et l’éducation, etc.) pour inventorier et élargir les services de proximité afin d’éviter que soit imposé aux personnes âgées la logique institutionnelle, notamment celle de la santé;
  • des campagnes de sensibilisation, d’information et de formation adaptées à différents publics;
  • des services de proximité pour soutenir et écouter les personnes âgées afin de répondre à leurs besoins et ainsi leur permettre de rester à leur domicile tant que c’est LEUR CHOIX.

 

En conclusion

Comment ne pas réfléchir sur l’âgisme par les temps qui courent ? Cette pandémie a pris un an pour nous mettre les yeux en face des trous. Tous ces aînés abandonnés à leur sort et à leur mort dans les CHSLD taraudent les consciences.

Odile Tremblay[25]

Le questionnement de la présente consultation tombe à point nommé en regard de la pandémie du coronavirus depuis mars 2020. Cette pandémie avec ses leçons à tirer devrait permettre de mieux cerner et comprendre les problèmes sociaux et institutionnels afin d’améliorer tous les services aux personnes âgées et aux personnes majeures vulnérables.

Ne l’oublions pas ! Ces problèmes étaient préexistants à la pandémie. Ne faisons pas l’erreur de mettre de côté les failles qui se sont ouvertes depuis un an, en pensant qu’elles se résorberont comme l’économie en un an ou deux. Ces problèmes datent de plusieurs années ou même décennies et cela demandera encore de nombreuses années pour en contrer les effets. Il faut don y mettre les ressources !

Ne l’oublions pas ! Les personnes âgées et les personnes majeures vulnérables, tout en ayant des besoins de services et de soins de santé, ne sont pas uniquement des « patient.e.s ». Ce sont des citoyennes et citoyens de plein droit et à part entière, tout comme les plus jeunes qui les suivent. Ces personnes veulent et peuvent prendre leurs propres décisions, même quand elles sont représentées par un proche ou même par la Curatelle publique, car elles ont précédemment exprimé leurs désirs et leurs volontés[26].

Ne l’oublions pas ! Plus de 80 % des Québécoises et des Québécois âgés vivent à leur domicile. C’est encore de la maltraitance quand les intervenant.e.s tentent de leur imposer un autre mode de vie qui en fait convient plus à l’institution qu’à la personne âgée ou à la personne vulnérable[27]. En poursuivant de telles façons de faire, assez largement répandues, le seul résultat atteint est le bris de la relation et du lien de confiance, la fermeture de la porte et, donc, un isolement plus grand de la part des personnes aînées et des personnes vulnérables.

« Or, comment se fait-il que, dans un monde où la mémoire individuelle prend une si grande importance, la mémoire collective, elle, soit en si grande perte de vitesse ? » lance-t-il (Serge Bouchard)au vent qui passe. Apprendre à écouter les témoins du passé est aussi prolonger sa propre destinée.

Odile Tremblay[28]

Ne les oublions pas celles et ceux qui nous ont faits !

 

Recommandations

Nous reprenons ici la liste des recommandations que l’Afeas propose dans le cadre de cette consultation sur le Plan d’action gouvernemental pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées 2022-2027.

Ainsi l’Afeas recommande

  • l’utilisation de l’analyse différenciée et intersectionnelle selon le sexe (ADS+) et la prise en compte de la pauvreté et de l’exclusion sociale dans le choix des cibles du troisième Plan d’action gouvernemental pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées 2022-2027;
  • dans le Plan d’action gouvernemental pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées 2022-2027, l’inclusion distincte des clientèles suivantes quelque soit leur milieu de vie : les personnes âgées qui ont besoin d’aide, les personnes âgées qui aident (personnes proches aidantes) et les personnes majeures en situation de vulnérabilité;
  • dans les recherches actuelles et à venir tout comme dans les interventions directes avec les victimes de maltraitance et leurs proches, de porter une attention particulière à la maltraitance psychologique;
  • des services d’accompagnement et de soutien, pour aider une personne qui a subi de la violence ou des abus à se reconstruire, car il est essentiel de l’aider à retrouver son estime de soi ce qui lui permettra de poser des limites face à ses agresseur.e.s et/ou de trouver le courage de demander de l’aide;
  • le retour de comités de résidents et d’usagers de proximité avec les budgets conséquents dans toutes les institutions des CISSS et des CIUSSS, quelque soit leur milieu de vie (domicile, centres d’hébergement publiques et privés), et ce, afin de rassurer les usager.ère.s et les résident.e.s et de créer un lien de confiance, tout en exerçant un certain contrôle de la qualité des soins et services offerts;
  • des responsables et de professionnel.le.s imputables, tant dans les milieux d’hébergement que pour les services à domicile;
  • des services à domicile en quantité suffisante avec du personnel régulier et qualifié pour s’assurer que les personnes âgées ne soient pas laissées à elles-mêmes et isolées et que les situations de maltraitance soient plus aisément détectées;
  • des services d’appel permanent pour contrer l’isolement, comme ce fut le cas lors de la pandémie, et permettant de détecter des situations de maltraitance;
  • l’accès en priorité à des ressources d’hébergement lors de violence conjugale et familiale pour les personnes âgées et vulnérables;
  • l’accès à des ressources d’accompagnement tout au long des démarches nécessaires à la suite d’une situation de maltraitance (déménagement, plainte, suivi de santé physique et psychologique, etc.);
  • des concertations entre les différentes instances impliquées dans le milieu (municipalités, organismes communautaires, représentant.e.s des personnes âgées et des personnes vulnérables, institutions dont la santé et l’éducation, etc.) pour inventorier et élargir les services de proximité afin d’éviter que soit imposé aux personnes âgées la logique institutionnelle, notamment celle de la santé;
  • des campagnes de sensibilisation, d’information et de formation adaptées à différents publics;
  • des services de proximité pour soutenir et écouter les personnes âgées afin de répondre à leurs besoins et ainsi leur permettre de rester à leur domicile tant que c’est LEUR CHOIX.

Références

[1]Afeas, Statistiques sur les membres Afeas, Montréal, février 2021.

[2]Au fils des ans, l’Afeas a participé à de nombreuses consultations sur la violence sexuelles, conjugale et familiale, envers les aînés, sur l’intimidation, l’hypersexualisation et le harcèlement à l’école et d’autres encore.

[3]Afeas, Forum des générations – Positions de l’Afeas, Octobre 2014, 9 pp.

[4]Afeas, Du soutien concret pour les personnes aînées et une reconnaissance tangible du travail des aidantes et des aidants, Mémoire, Montréal, Afeas, Septembre 2007, 19 pp.

[5]Afeas, Vers un deuxième Plan d’action gouvernemental pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées 2021-2027, Mémoire, Montréal, Afeas, Mai 2016, 15 pp.

[6]L’ADS+ « est un processus qui vise à prendre constamment en compte, lors de la mise en place d’une initiative, des réalités différentes sur divers ensembles de personnes — femmes, hommes ou autres. La place dans la société et l’identité individuelle sont influencées par une multitude de facteurs sociaux en plus du sexe/genre par exemple la classe sociale, la race, l’origine ethnique, la religion, l’âge ou le fait de vivre avec un handicap de nature physique ou intellectuelle ». Cette définition de l’ADS+ de Relais-Femmes (2019), inspirée des définitions de Condition féminine Canada (2018) et du Secrétariat à la condition féminine (2007), est reprise dans : Coalition pour la conciliation famille-travail-études, Plate-forme de revendications – Pour relever les défis, CCFTÉ, Février 2020, p. 5 : https://ccfte.org/plateforme-de-la-coalition/.

[7]Ministère de la Famille, Préparons l’avenir avec nos aînés– Rapport de la consultation publique sur les conditions de vie des aînés, Gouvernement du Québec, 2008, p. 111.

[8]Ministère de la Famille, La famille en valeur – Plan d’action gouvernemental pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées 2017-2022, Gouvernement du Québec, 2016, pp. 18-19.

[9]Ibid., p. 23.

[10]GINGRAS, Lucie (2020). Enquête sur la maltraitance envers les personnes aînées au Québec 2019. Portrait de la maltraitance vécue à domicile, [En ligne], Québec, Institut de la statistique du Québec, 153 p. : www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/conditions-vie-societe/securite/victimisation/maltraitance-personnes-ainees-domicile-2019-portrait.pdf, consulté le 25.02.2021. Cette étude vise les personnes aînées vivant à leur domicile, incluant celles qui vivent dans une RPA, une RI ou une RTF et sont capables de répondre pour elles-mêmes, et excluant les personnes vivant dans un CHSLD ou en centre hospitalier.

[11]Les personnes qui aident leur proche sont en très grande majorité des femmes, les hommes se sentant peu investi de ce rôle social et familial jusqu’à maintenant. Au sujet de leur reconnaissance, voir la Loi 56 – Loi visant à reconnaître et à soutenir les personnes proches aidante et modifiant diverses dispositions législatives (2020, chapître 22).

[12]Ministère de la Santé et des services sociaux, Plan d’action gouvernemental pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées 2021-2027 – Document de consultation, Gouvernement du Québec, 2021, p. 11. Voir aussi GINGRAS, Lucie (2020). Enquête sur la maltraitance envers les personnes aînées au Québec 2019. Portrait de la maltraitance vécue à domicile, Ibid., p. 63.

[13]Chantal Lecours, « Portrait des proches aidants et les conséquences de leurs responsabilités d’aidant », Institut de la statistique du Québec : coup d’œil sociodémographique, no43, novembre 2015, p. 1.

[14]Loi 115, c. 10, 2017.

[15]Ministère de la Santé et des services sociaux, Politique-cadre de lutte contre la maltraitance envers les aînés et toute autre personne majeure en situation de vulnérabilité, gouvernement du Québec, 2020, 52 p.

[16]Lavoie, Jean-Pierre, Nancy Guberman, Patrick Marier, Les responsabilités des soins aux aînés au Québec – Du secteur public au privé, Étude IRPP,  No 48, Septembre 2014, 40 pp. IRPP – Institut de recherche en politiques publiques. Résumé de l’article : Pour restreindre son engagement dans les soins de longue durée, le gouvernement attribue un rôle croissant au tiers secteur et au secteur privé tout en comptant sur les familles pour compenser l’insuffisance de services. Une analyse critique de l’évolution des services aux personnes aînées de 1960 aux années 2010.

[17]Diverses consultations de la Régie des rentes du Québec ont fait état de cette situation depuis 2009 environ comme un des éléments sous-jacents aux mesures de changements présentées.

[18]Depuis un an maintenant, combien de fois n’a-t-on pas entendu des directeurs généraux et cadres de CISSS ou CIUSSS ou autres établissements dire publiquement qu’ils n’étaient pas au courant des situations vécus dans les établissements qu’ils dirigeaient et/ou qu’ils ne pouvaient rien faire.

[19]« La violence, assez c’est assez! » est le slogan de l’Opération Tendre la main, campagne de sensibilisation contre la violence créé par l’Afeas en 1997 (voir à la page 5).

[20]Ministère de la Santé et des services sociaux, Plan d’action gouvernemental pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées 2021-2027 – Document de consultation, Gouvernement du Québec, 2021, p. 6.

[21]Entre autres, les données de la Ligne Aide Abus Aînés et de l’Institut de la statistique du Québec et les recherches de la Chaire de recherche sur la maltraitance envers les personnes aînés.

[22]Lise M. Vachon est 1revice-présidente provinciale de l’Afeas. Très impliquée dans son milieu, elle est présidente du comité des usagers Montmagny-L’Islet, à l’exécutif du CUCI-Chaudière-Appalaches, administratrice au CA et au comité de vigilance pour représenter les usagers au CISSS-Chaudière-Appalaches.

[23]Céline Duval est présidente de l’Afeas locale de Granby. Représentante de l’Afeas sur diverses instances reliées au dossier des personnes âgées, elle a assisté au lancement de presse virtuel de la recherche le 22 février 2021.

[24]Afeas,Vers un deuxième Plan d’action gouvernemental pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées 2021-2027, Mémoire, Montréal, Afeas, Mai 2016, p. 12.

[25]TREMBLAY, Odile, « Vous avez dit âgisme? », La Presse+, Jeudi 4 mars 2021 : https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/596281/chronique-vous-avez-dit-agisme.

[26]À preuve le grand appui pour une ouverture  de l’aide à mourir dans la dignité pour un consentement anticipé dans l’éventualité où une personne ne serait plus capable de donner son accord au moment choisi pour mourir (Alzheimer, sénilité, fortes doses de médicaments pour calmer la douleur, etc.)

[27]Pensons aux intervenant.e.s qui font pression pour que la personne aînée ou la personne vulnérable déménage dans une résidence privée ou publique plutôt que de leur fournir des services à domicile. Évidemment ces services à domicile existent si peu qu’ils ne sont pas offerts.

[28]TREMBLAY, Odile, « Vous avez dit âgisme? », Ibid.